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  • : Relai d'informations dans la protection animale, l'écologie mais aussi les injustices sociales, l'atteinte aux libertés. Chaque jour nous rappelle que l'homme n'est pas seulement un loup pour l'homme, c'est aussi un prédateur pour toute la création ...
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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 21:36
Une décharge de déchets radioactifs à moins de 10 km de l'agglomération ?
 
Le canton de Pont-de-l'Arche a-t-il vocation à devenir la poubelle du département de l'Eure, aux portes de l'Agglo ? Après le projet de centre d'enfouissement de déchets ménagers - qui a fait consensus contre lui - c'est en effet une zone de stockage de déchets radioactifs que l'Etat propose au territoire ! Explications... et réactions !
 
"Une mauvaise blague !". Voilà comment le maire de Pîtres, Jean Carré, a accueilli l’appel à candidature de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, qui recherche un territoire d’une centaine d’hectares pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs de « faible activité à vie longue ». "Je les ai envoyés se faire voir ! Ca fait des années qu’on se bat contre le projet de décharge dans la vallée Galantine. Franchement, cette proposition témoigne d’une méconnaissance totale des réalités du canton !"
 
Des déchets radifères. De quoi s'agit-il exactement? Selon un communiqué de la préfecture, ce centre permettrait «de stocker les déchets graphites provenant de l'exploitation et du dérnantèlement des réacteurs EDF et des réacteurs du Commissariat d'énergie atomique (CEA), ainsi que les déchets radifères provenant essentiellement du traitement de minerais contenant des terres rares, utilisés pour la fabrication de composants électroniques, de pots catalytiques dans l’industrie automobile et dans la métallurgie fine. »
 
Pont-de-l'Arche, zone géologiquement favorable. Et il se trouve que dans l'Eure, « les zones géologiquement favorables » au projet, c'est-à-dire correspondant à « des formations sédimentaires à dominante argileuse ou marneuse dont la perméabilité intrinsèque est très faible », sont exclusivement situées... dans le canton de Pont-de-l'Arche. Il s'agit des communes d’Alizay, de Criquebeuf-sur-Seine, des Damps, d'Igoville, du Manoir, de Martot, de Montaure, de Pîtres, de Pont-de-l'Arche et de Tostes.
 
« Quand on m'a présenté le projet, j'ai commence par sourire » raconte le maire de Pont-de-l'Arche, Richard Jacquet. « Mais ça n 'a pas duré longtemps... Même s’il y aura de grosses incitations financières pour la commune qui acceptera ce centre, je vois mal comment cela pourrait se faire par ici. Le canton de Pont-de-l’Arche est particulièrement urbanisé, et sort d'un lourd débat sur un centre d'enfouissement qui a fait consensus contre lui. Et puis nous avons un projet tourné vers le tourisme et le patrimoine, à 1000 lieues de ce genre de chose… »
 
Pas de mise en service avant 2019. La route sera longue avant de voir un site effectivement retenu, dans l’Eure ou ailleurs. Les candidatures sont, pour l'heure, volontaires. « Cette recherche se fera dans le cadre d'une concertation approfondie avec les collectivités territoriales et les populations concernées. A la suite de cette dernière phase, une enquête publique sera menée au préalable de la déclaration d’utilité publique de ce projet de stockage. La mise en service interviendrait en 2019 », précise-t-on à la préfecture. En attendant, pas besoin d'être grand clerc pour deviner que dans le canton de Pont-de-l’Arche, les candidats ne devraient pas se bousculer au portillon...
 
 
Zoom sur les déchets nucléaires : la filière de stockage
 
S'il y a bien une chose sur laquelle tout te monde s'accorde au sujet des déchets radioactifs, c'est que personne n'en veut. Et le problème ne date pas d'hier.
 
La gestion des déchets radioactifs embarrasse l'Etat qui s'est résolu, en 1991, à adopter la loi Bataille pour encadrer cet épineux dossier. En attendant une hypothétique solution pour neutraliser et éliminer la radioactivité, cette loi prévoit d'entreposer ou de stocker les déchets en fonction de leur dangerosité. Actuellement, la France dispose déjà de lieux de stockage pour ses déchets très faiblement radioactifs (Morvilliers, Aube) et de faible et moyenne activité à vie courte (Beaumont-Hague, Manche, et Soulaines, Aube). Depuis plusieurs années, l’Andra prépare un stockage géologique des déchets de haute activité à vie longue - au-delà de trois cents ans - dans son laboratoire souterrain de Bure (Meuse).
 
En ce qui concerne les déchets à faible activité, c'est leur durée qui justifie un stockage spécifique. Si la forme définitive de l’installation n’est pas encore arrêtée, elle devrait être souterraine, à une profondeur située entre 15 et 200 mètres, et creusée dans des formations géologiques censées garantir un confinement pendant des centaines de milliers d'années. L'Andra a donc présélectionné, avec l'aide du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), des zones de marnes et d'argiles qui courent sous une vingtaine de départements. Dont l'Eure.
 
Reste maintenant à savoir quelle commune voudra bien accueillir sur ses terres les déchets qui sont de deux types, radifères ou « graphite ». Les premiers contiennent des isotopes du radium. Ils sont issus d'activités nucléaires (mines d'uranium) ou de l'extraction de terres rares et sont actuellement entreposés sur les sites du Commissariat à l'énergie atomique et chez des producteurs industriels. Les déchets de graphite proviennent, eux, des neuf réacteurs nucléaires de la filière dite uranium naturel-graphite-gaz qui ont fonctionné entre les années 1960 et 1990. Ces rebuts contiennent notamment du carbone 14, qui perd la moitié de sa radioactivité en 5 730 ans, et du chlore 26, dont la demi-vie est de 302000ans.
 
Opération séduction. Pour convaincre les élus d'héberger ces déchets encombrants, l'Andra n'hésite pas à mener une véritable opération séduction via le dossier envoyé : « ce projet constitue une véritable opportunité de développement économique », expliquent en préambule les responsables. Et de détailler la teneur du projet: 200 à 350 millions d'euros de coût de construction ; 10 à 30 millions d'euros annuels d'exploitation pendant vingt ans; 100 emplois en phase de construction, 50 en phase d'exploitation (jusque vers 2040), 5 en phase de surveillance.
 
« Un cadeau empoisonné ». Des arguments qui ne semblent pas pour l'instant convaincre les maires du canton de Pont-de-l'Arche. Tous craignent de mettre le feu aux poudres et de voir affluer les opposants aux déchets radioactifs, à l'image des membres du réseau Sortir du nucléaire. Ces derniers refusent un projet considéré comme « un cadeau empoisonné pour les générations futures ». La bataille est à peine entamée que déjà la résistance se profile pour éviter que la poubelle nucléaire ne s'échoue dans un des vingt départements français « sélectionnés » pour ses qualités géologiques. Une distinction dont le canton de Pont-de-l'Arche se serait volontiers passé...
 
La vallée galantine sait se mobiliser
 
Déjà confronté au projet d'implantation d'un centre d'enfouissement technique de déchets industriels banals, la vallée galantine a su se mobiliser. Manifestation, pétition et association avaient été organisées et constituées. Retour sur une mobilisation qui a duré plus de six ans.
Après avoir réussi à écarter l'installation du centre d'enfouissement technique des déchets industriels, le canton de Pont-de-l'Arche devra-t-il accueillir un centre de traitement des déchets radioactifs ? Telle est la question qui se pose aujourd'hui après cet appel à candidature lancé aux communes du canton. Le centre d'enfouissement technique des déchets industriels banals devrait traiter des matériaux de démolition, du plastique non recyclables... D'une capacité de 15000 à 30000 tonnes par an, l'équipement devait prendre une quinzaine d'années pour traiter 1,3 millions de mètres cubes de déchets. En 2005, les riverains, l'association des Quatre vallées et les élus s'étaient mobilisés pour protester contre le projet de centre d'enfouissement technique des déchets ménagers. Un dossier qui fut déjà repoussé en 2001 par les opposants qui avaient porté recours au tribunal administratif.

Diverses manifestations avaient même été organisées sur le rond-point à l'entrée du village de Pîtres pour dire « non à l'implantation de Sita dans la vallée Galantine». Des pétitions avaient été adressées au préfet pour montrer la mobilisation de tout un territoire. Aujourd'hui, la bataille est presque gagnée. Le conseil générai de l'Eure s'est prononcé contre le projet dans son Plan départemental d'élimination des déchets ménagers. Fin 2007, l'ancien maire de Pîtres, René Dréan affichait sa satisfaction : « Jean Louis Destans me l'a confirmé, le centre d'enfouissement n'est plus d'actualité sur Pîtres », expliquait-il. Pour mettre toutes les chances de son côté, la commune avait prévu « d'inscrire en zone naturelle, dans son Plan local d'urbanisme, la parcelle où devait s'implanter Sita. » Un autre dossier de longue haleine attend peut-être les élus et les riverains.
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Jocelyn Peyret
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Information relayée par le Réseau Sortir du nucléaire, Fédération de 800 associations - http://www.sortirdunucleaire.org

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Published by Vivi - dans Environnement
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