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  • : Relai d'informations dans la protection animale, l'écologie mais aussi les injustices sociales, l'atteinte aux libertés. Chaque jour nous rappelle que l'homme n'est pas seulement un loup pour l'homme, c'est aussi un prédateur pour toute la création ...
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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:19

 

Alors voilà, ça commence un vendredi sous le cagnard.


Comme d'habitude, vous avez couru dans tous les sens, entre les sorties d'écoles et un rendez-vous avec la maîtresse de votre cadet ... vous transpirez comme un cheval, rouge écarlate, le t-shirt à rincer mais tout va bien parce que vous avez trouvé une solution au pied levé pour faire garder votre progéniture, grâce à une voisine-copine de votre village et vous voilà enfin à l'heure sur son perron, devant sa porte ... fermée !

Non ! Monique ? T'es où ? Votre petite dernière joue les fous du volant dans le jardin et menace d'aller se vautrer dans le potager de votre amie. Oups ! Monique, au secours !


Zozielle1Mais Monique est coincée à la poste, quelques kilomètres plus loin, avec la préposée bavarde qui a raconté sa vie aux dix clients précédents. Bref, vous voilà à attendre en espérant que vous ne serez pas trop en retard et que la maîtresse ne vous mettra pas au coin en arrivant ... Quand soudain, alors que cela fait dix fois déjà que vous êtes passée et repassée au même endroit en courant après votre gamine, votre regard est attiré par une espèce de machin tout rose qui s'agite ... et fait du bruit !


Ah, mince ! Zut de zut, un oisillon ! Et pas un truc où se battraient déjà quelques plumes, non, rien, zéro ... un truc tout nu, à peine sorti de l'oeuf, lisse comme un crane chauve et qui braille à fendre le coeur, étalé sur le perron en plein soleil ... Un peu plus loin, un autre zoizeau, mort celui-là.

Ah, c'est pas vrai, c'est juste quand y faut pas que les bestioles viennent se fourrer dans vos guiboles !


Ma Nino gazouille en voyant la petite chose et me demande avec insistance ce que c'est. Moi, je suis bien embêtée. Je finis par prendre l'alien dans ma main, histoire de le mettre au moins à l'ombre, en me disant qu'on va bien trouver une solution.

Monique, finalement arrachée aux griffes de l'administration postale, arrive enfin et je lui colle le machin dans les mains en lui disant "de-le-mettre-dans-une-boite-en-attendant-et-de-faire-tremper-des-croquettes-pour-chat ... " Une respiration de trop car je suis vraiment en retard. Et toujours en nage, je saute dans mon four à quatre roues pour avaler les kilomètres qui me séparent de l'école.

 

Zozielle2Une heure plus tard, je suis de retour.

Le petit truc repte au fond de sa boite. Les croquettes sont prêtes. On attaque le nourrissage. Les enfants sont ravis d'assister à tout cela et ils sont nombreux ce soir-là chez Monique. La petite chose mange avec avidité, très tonique. Bon, je n'y crois pas trop mais nous repartons avec, pas question de laisser Monique avec ce cadeau empoisonné.

 

Une fois rentrés, nous la mettons au calme, au frais et la nourrissons plus ou moins toutes les heures. Je glisse un réveil (un vrai qui fait tic tac !) sous la serviette éponge qui lui sert de nid. Et en fin de journée, j'y ajoute une bouillotte chaude pour la nuit.

Ce n'est pas la première fois que nous récupérons un oiseau tombé du nid mais aussi petit, jamais ... Les sauvetages d'oiseaux sont rarement couronnés de succès malgré toute notre bonne volonté. Je ne pense pas qu'il passera la nuit, surtout après une chute pareille.

 

Le lendemain matin, pas convaincue pour deux sous, je soulève la serviette, m'attendant à retrouver la p'tite chose toute raide et froide mais c'est un gouffre tout rose et grand ouvert qui m'accueille, attendant avec avidité la becquée. Une journée de plus !

Le soir même, je me décide à le peser, me disant que s'il a une chance de s'en tirer, le seul moyen de savoir s'il "pousse" bien c'est une donnée objective et fiable. 8 grammes. Oups ! Ça ne fait pas lourd ...

 

Les jours ont succédé aux nuits, avec des repas de plus en espacés, composés de croquettes pour chat humidifiées, de vers de farine et de mélange pour insectivores et petit à petit, notre zozieau s'est transformé, a pris du poids. Chaque matin, pendant longtemps, je me suis demandée si j'allais le retrouver vivant et chaque matin, son bec grand ouvert et ses piaillements me démontraient que nous avions raison de batailler.


Nous avons mis longtemps avant de savoir ce que c'était. Toutes les hypothèses y sont passées !! De l'hirondelle en passant par le troglodyte mais la cigogne, non nous n'y avons pas pensé ! ... et voilà, un jour il n'y eut plus de doutes possibles, notre zozieau était une zozielle, un moineau femelle pour être exacte !


Au bout de trois semaines, bien plumés, nous avons démarré l'acclimatation dehors, le but étant, bien évidemment, de lui rendre sa liberté. Sur les conseils du C.H.E.N.E que je sollicite régulièrement, je savais déjà comment procéder.

D'abord placer l'oiseau dans une volière ou une cage dans la zone de lâcher et continuer de le nourrir dans ce nouveau lieu. Puis, au bout de quelques jours de repérage (une semaine en ce qui nous concerne), ouvrir les portes et laisser l'oiseau s'envoler tout en lui laissant de la nourriture à disposition au même endroit, le temps nécessaire à son émancipation.Zozielle3


Un beau jour, il a fallu se résoudre à ouvrir la cage ... Et elle, il a fallu qu'elle trouve la sortie ! Le premier vol ne fut pas très concluant mais en même temps, je n'avais pas si peur que ça. Je sentais qu'elle reviendrait et c'est ce qu'elle fit, deux heures plus tard pour ... manger !

Tous les soirs, je la remettais à l'abri et la rentrais à la maison et tous les matins, hop, dehors !

Et puis un soir, par accident, j'ai "oublié" de refermer la cage ... Et quand je suis revenue la chercher pour le coucher, elle avait disparu ! Voilà comment notre zozielle a passé sa première nuit dehors et ... toutes les nuits suivantes.  Comme quoi les actes manqués ont parfois du bon ...

 

Cela fera bientôt cinq semaines qu'elle est entrée dans notre vie. Elle vient plusieurs fois par jour pour manger. Elle nous appelle, perchée sur une gouttière ou sur la margelle du puit, en battant des ailes, piaillant à tout va.

Il m'arrive parfois de la croiser dans le jardin car elle n'est jamais bien loin, et il suffit que je l'appelle pour qu'elle me raconte plein de choses en zozieau, des choses que je ne comprends pas mais qui sont si douces à l'oreille ...

 

Zozio1

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