Alors comment va la diva ?
Ben ... bien ! Même très bien.
Elle a eu ses chaleurs en août et son ovariectomie est prévue pour décembre. Actuellement elle nous fait une discrète lactation nerveuse. C'est fréquent. Et cette petite mère a dû avoir tellement de petits que ça ne m'étonne guère.
La dernière visite chez le vétérinaire a décelé une surdité. Nous avions remarqué ses difficultés à se repérer au son dans le jardin. Elle levait les oreilles avec insistance, regardant partout mais pouvait passer à côté de nous sans nous voir, tellement occupée qu'elle était à chercher d'où provenaient les appels ... Dans la mesure où elle avait reçu un gros choc côté gauche de la tête lors de son accident, nous pensions qu'elle avait peut-être une atteinte de ce côté. Mais à l'auscultation, la surdité s'est révélée à l'oreille droite (une otite pas soignée, sûrement). Donc nous compensons au maximum par les gestes, en douceur pour ne pas l'effrayer mais nous avons trouvé nos marques et globalement, elle s'en sort plutôt bien.
Elle passe son temps à dormir, sur le canapé de préférence. Et je suis chaque fois impressionnée par la profondeur de son sommeil. Complètement et profondément endormie, indifférente au monde qui l'entoure, abandonnée et confiante, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle rattrape tout le sommeil perdu d'avant, toutes ces heures passées à lutter pour survivre, se nourrir, résister au froid peut-être, à la solitude, aux coups ... Comment savoir. Elle part si loin. Quand je l'observe, je me demande souvent ce qu'elle a traversé, quelle vie était la sienne avant, et si elle a jamais été heureuse un jour.
Les frayeurs ne sont pas rares, même encore aujourd'hui. Un geste brusque, les enfants qui s'agitent un peu trop ou des cris et on la voit se crisper dans son canapé, attendant le moment où le scénario se change en drame parce que ce scénario, c'est un peu toujours comme ça qu'il se déroule là d'où elle vient ... Le film se finit rarement bien pour eux. Mais non, l'agitation s'apaise, c'était une fausse alerte. Et nous, pris dans la vie, insouciants de l'angoisse qu'elle vient de traverser, nous réalisons soudain sa petite mine. Oups ! Alors on va la voir ou simplement on lui parle, "tout va bien ma belle", "ce n'est rien".
Nous ne saurons jamais rien de plus d'elle que ce qu'elle nous offre aujourd'hui : un regard apaisé et confiant, une longue queue élégante qui remue à notre approche, un museau démesuré qui pousse sous les caresses, un ventre doux et chaud offert ... Mais à quoi bon les questions et l'esprit qui se torture. Nous savons sans savoir et c'est bien suffisant pour nos pauvres coeurs qui crient sous les coups qu'on porte à ces êtres sensibles. Je ne comprends pas et ne comprendrai jamais. Alors j'essaye juste de goûter ce plaisir simple : son grand corps contre mon ventre, détendu, sans doutes ni inquiétudes. Elle est là, je suis là. Nous partageons ce quelque chose d'unique ensembles. Je ne la possède pas, elle n'est pas à moi. C'est bien plus que ça ! Nous nous sommes trouvées finalement, au terme de cette improbable rencontre. Je ne crois pas que le hasard existe ...
*Bellita est le petit nom que Pam donnait à Bella lorsqu'elle s'est occupée d'elle en Espagne.